AOP/IGP : Quelle crédibilité face aux géants de la viticulture ?
Le défi belge est de tailleur : faire exister ses labels parmi ceux de la France, l’Italie, l’Espagne, toutes synonymes de prestige. En 2023, la Belgique comptait moins de 700 hectares de vignes (source : SPF Économie), un vignoble modeste face aux mastodontes (Bordeaux = 110 000 ha, Champagne = 34 000 ha).
Pourtant, un élément joue en faveur des vins belges : la reconnaissance européenne, qui donne à l’AOP/IGP un passeport immédiat pour le marché européen et au-delà. Plusieurs cavistes étrangers ont, ainsi, signalé que les AOP/IGP facilitaient les formalités, la prise de commandes, la fixation de prix supérieur (source : Decanter, 2022).
A contrario, la notoriété reste le nerf de la guerre. Pour les professionnels qui n’ont jamais goûté de vin belge, la mention AOP/IGP offre une première barrière de sélection, mais c’est la dégustation et la presse spécialisée qui font la seconde étape. On pense au franc succès du Crémant de Wallonie (des médailles au Concours mondial de Bruxelles, exporté au Japon et aux Pays-Bas), souvent cité comme modèle.
Mais attention : trop de rigidité pourrait freiner la création, et certains des plus grands vins belges revendiquent parfois un classement “hors-appellation”, pour travailler selon leurs propres critères ou oser des cépages oubliés.