Les maladies fongiques : des invitées indésirables encouragées par l’humidité
La grande crainte des vignerons belges ? Les maladies fongiques. Plusieurs agents pathogènes profitent pleinement de l’humidité pour se propager et s’installer sur les feuilles, les grappes ou les sarments. Focus sur les principales menaces.
Mildiou (Plasmopara viticola) : l’ennemi numéro un
Découvert en Europe à la fin du XIX siècle, le mildiou est aujourd’hui la hantise de nombreux viticulteurs belges, tout particulièrement lors des printemps et étés pluvieux. Cette maladie attaque feuilles et grappes, provoquant taches jaunes (« taches d'huile ») et pourritures. Selon les bilans de l’IFV (Institut Français de la Vigne et du Vin) et de Vinespa (association belge des vignerons wallons) :
- Au-delà de 10-12 mm de pluie hebdomadaire et de températures nocturnes >11 °C, des contaminations explosives peuvent survenir.
- Les étés humides de 2021 et 2023 ont provoqué des pertes de récolte allant jusqu’à 60 % dans certaines exploitations du Brabant et du Hainaut.
- Le mildiou peut réduire la production de 50 % si l’on ne réagit pas rapidement. (Source : Rapport Vinespa 2021)
Oïdium (Erysiphe necator) : discret mais redoutable
Si l’oïdium préfère une chaleur sèche, il n’est pas absent dans nos régions : il prospère notamment lors des alternances pluie/soleil, fréquentes en Belgique. Sa manifestation poudreuse sur les feuilles freine leur photosynthèse.
- En 2022, 22 % des vignes wallonnes inspectées présentaient des signes d’oïdium, selon Revue des Œnologues.
- Ses dégâts sont sournois : baisse de rendement, maturité bloquée, arômes altérés.
Botrytis cinerea (pourriture grise) : entre menace et opportunité
Le botrytis raffole lui aussi de l’humidité. En conditions contrôlées, il permet la production de certaines vendanges tardives (style Sauternes), mais il est bien plus souvent redouté :
- Dans 70 % des cas en Belgique, le botrytis est destructeur et affecte la qualité des vins blancs, rendant la vinification parfois impossible sur les millésimes pluvieux.
- En 2016, l’humidité d’août a ruiné plus de 150 hectares en Hesbaye, d’après Le Soir.
Black rot et autres champignons émergents
L’humidité favorise aussi la progression de maladies moins connues : black rot (guignardia bidwellii) qui noircit les baies, phomopsis ou encore l’escoriosis, déjà observées dans le Limbourg et la province de Liège. Leur développement est accéléré par des printemps particulièrement arrosés.